concession de Prades et Nieigles : Histoire des 2 concessions

Concession de Prades et Nièigles : Histoire

 Historique

 Il semble qu’il faille remonter au XIVème siècle pour retrouver mention de du « charbon de terre » par opposition eu charbon de bois ; mais c’est à partir de la fin du XVIIIème  siècle seulement que le charbon commencera réellement à être exploité et utilisé. Au cours de la seconde moitié du XVIIe siècle des fouilles sont entreprises par le seigneur du lieu, Emmanuel de Launay. Mais c’est à l’initiative des Etats du Languedoc que des recherches sérieuses sont entreprises à partir de 1769 quand ils firent imprimer un prospectus destiné à guider les chercheurs. Les résultats sont délibérés par les Etats du Vivarais qui en 1772 autorisèrent une imposition de 400 livres pour continuer les recherches des mines de Prades et indemniser les propriétaires.Les mines sont visitées par Gensanne.

 a)       Première concession

 Au la suite de la campagne de fouilles, une première concession dite de Prades et Nièigles est accordée pour 30 ans par Arrêt du Conseil du Roi du 13 octobre 1774 au profit du comte d’Antraigues ; celui-ci absorbé par d’autres activités (politique, voyages, plaisirs) s’associa le 16 mars 1785 à une compagnie composée de MM. de La Chadenède, de Bernardy, Duclaux et Verny.

 En 1786, les Etats du Vivarais accordent un crédit de 1.200 livres au Comte d’Antraigues pour ses recherches et la prolongation de sa concession. Cette compagnie fonctionna et exploita les mines jusqu’en 1790. Ceux-ci furent déchus pour ne pas avoir continué l’exploitation du gisement.

 Pendant la Révolution et suite à la loi minière de 1791 qui donnait préférence aux propriétaires du sol, le gisement fut exploité de façon anarchique. A. Mazon cite une délibération du Conseil général de l’Ardèche du 17 frimaire an II (7 décembre 1793) qui dit notamment : « [le Conseil] arrête que le représentant du peuple Boisset sera invité à prendre un arrêté révolutionnaire qui oblige tous les propriétaires qui ont exploité les mines de charbon de terre depuis la révolution, à en extraire un nombre fixe de quintaux et que le Conseil d’administration ou son directoire demeurera chargé de fixer cette quantité après avoir pris en considération, et les besoins du peuple, et les facultés des propriétaires exploitants après les avoir entendus… ».

 En 1802, la compagnie fut rétablie dans ses droits et la concession fut rapidement cédée au Dr d’Embry, d’Aubenas.

 b)       Seconde concession

 Une seconde concession est attribuée pour 50 ans par décret impérial signé au camp d’Eylau par l’Empereur, le 10 brumaire an XIV (1er décembre 1805) sur 6.061 ha en faveur de Pierre, Paul, Joseph Bac ; comme c’est pratiquement toujours le cas, l’établissement de cette concession, qui accordait à son titulaire l’exclusivité de l’exploitation, donna lieu à de nombreux conflits avec les propriétaires du sol. En effet, la loi de 1791 comme on l’a vu, donnait un avantage à ces derniers, chaque propriétaire pouvant établir sa propre exploitation dans sa propriété. Ce fut la cause de nombreux conflits ici comme dans la plupart des autres bassins miniers. Bac décède en 1809 mais l'exploitation continue par la compagnie civile créée par lui et dont M. Champanhet est le gérant en 1859.

 La concession est vendue sur licitation le 10 septembre 1863 au prix de 410.000 francs à une autre société civile des mines de houille de Prades et Nièigles représentée par Joseph Chabalier, ingénieur-gérant, formée par acte du 13 octobre 1863 entre : Ernest Rédarès (avocat à Nîmes), Amédée Rédarès (avoué à Nîmes), Pierre Chrétien (habitant à Prades), Henriette (négociant, place de la Madeleine à Paris), Mme Noël Vve Stamler (Paris), Jules et Marie Robin (frère et sœur, propriétaires à Rouez en Mayenne), Gaston Durand (vérificateur de l’enregistrement à Montluçon, Allier), Paul Durand (négociant à Lyon), Charles Durand (négociant à Aubenas), Vve Casimir Durand (à Vals), Désiré Michel (exploitant de lignite à Gardanne), Biver (directeur des Charbonnages des Bouches du Rhône[3]), Henri Chalmeton (représentant la Cie houillère de Bessèges), Jean Roussellier (à Aimargues) et Ferdinand Chalmeton (directeur de la compagnie houillère de Bessèges). On note donc déjà la présence forte des compagnies du Gard et de Provence. La superficie de la concession est ramenée par décret du 6 août 1883 à 1.836 ha.

La société civile des mines de houille de Prades et Nieigles devient en 1872, la Compagnie Houillère de Prades et Nieigles, société anonyme, siège social à Marseille au capital à l’origine de 1.000.000 francs divisé en 2.000 actions de 500 francs réparties comme suit :Désiré Michel 220 actions, Amédée Rédarès 196 actions, Ernest Rédarès 179 actions, Ferdinand Chalmeton 179 actions Mme Vve Durand 48 actions; MM Henriette, Ernest Biver, Henri Chalmeton et Roussellier 36 actions chacun, Mme Vve Stamler 35 actions, Pierre Chrétien 33 actions, J et M Robin 22 actions, Paul et Gaston Durand 19 actions chacun et Charles Durand 13 actions.

En 1883 le conseil d'administration de la compagnie est composé de la façon suivante : Président Baron Emile Fornier de Clausonne (1829-1889, d'une famille d'origine luxembourgeoise naturalisé en 1871 ; il joua un grand rôle dans le développement du bassin de lignite de Gardanne dans les Bouches-du-Rhône où un puits porta son nom), administrateur délégué : Jean Roussellier, administrateurs : E. Biver, E. Chalmeton, Désiré Michel, baron Robert de Nervo, Vicomte Ollivier de Sanderval et A. Rédarès.

Le capital est ensuite porté à 1.500.000 francs. Après absorption en 1886 de la société des houillères du Vigan, proprétaire des mines de Sumène dans le Gard (concessions de Soulanou et de Cavaillac) et de la société de l'Arc dans le bassin de Fuveau, le capital est porté à 1.883.000 francs pour rémunérer les sociétés absorbées dont les participants sont à peu près les mêmes (les co-participes de la cie du Vigan recoivent 20 % du capital de la société de Prades et Nièigles. L'ancienne société civile est liquidée et est créée la société des mines de l'Arc, Prades et Sumène (la réunion des concessions des sociétés absorbées est atorisée par décret du 15 avril 1886). Cette tentative de croissance externe ne fut d'ailleurs pas un succès; la concession de l'Arc s'avéra totalement inexploitable à cause des venues d'eau, quant aux concessions gardoises elles sont prsque totalement épuisées, Sumène sera arrêté en 1889.

L'acquisition de la concession l'Arc n'est pas due au hasard. Comme on l'a vu la compagnie de Bessèges était fortement impliquée dans le bassin ardéchois, or, la compagnie de Besseges avait acquis en 1877 la concession de lignite de Trets dans le bassin de Gardanne-Fuveau limitrophe de celle de l'Arc. Cette acquisition avait été motivée par l'idée répandue à l'époque que l'on pouvait concurrencer les charbons anglais en faisant, à bas coûts, des agglomérés composé de mélanges de houille et de lignite. C'est ce que faisait Bessèges avec son charbon du Gard et le lignite de Trets dans l'usine de Port-de-Bouc de la société des agglomérés du Sud-Est. Mais, en fait, on s'apperçu plus tard que, si le coût était effectivement abaissé, l'utilisation du combustible ainsi obtenu était réduite et l'oprétaion financièrement peu intéressante. 

Alors, Pourquoi la compagnie de Bessèges n'a-t-elle pas directement absorbé la compagnie de l'Arc plutot que de la faire par l'intermédiaire de Prades ? Probablement parce que cette oprétaion étant très incertaine, elle ne voulut pas mettre en péril ses propres finances et sacrifia sa filiale.

Pour en revenir à l'Ardèche, Après la fermeture de la mine en 1929 et l'échec de mise sur pied d'une société de production électrique, le concession est vendue apr acte du 23 janvier 1930 à Jean Marze, banquier à Aubenas, qui créé la sociét des mines de Champgontier au capital de 60.000 francs. La mutation de la concession est autorisée par décret du 20 juin 1931. En fait, 3 hommes sont à l'origine de cette reprise : Crégut, Cargoire et Monteil; ce dernier est l'ancien géomètre de la mine. Mais la société ne réussit pas à réunir les capitaux nécessaire et Jean Marze abandonne l'exploitation le 1er avril 1930 et tout le matériel est vendu (arrêté préfectoral d'abandon des travaux du 6 mai 1930).

Par acte du 18 mai 1933, la concession est alors vendue à Marius Monteil (décret de mutation du 21 septembre 1934). Après le décès de M. Monteil, l'exploitation est assurée par son gendre Guy Laure qui créé en 1956 la SARL société nouvelle des mines de Champgontier qui amodie la concession toujours propriété des héritiers Monteil, sa femme Noémie Moulin et se fille Rose épouse de Guy Laure (décret d'autorisation du 18 octobre 1956) .

Par acte notarié du 10 octobre 1991, la concession est vendue par Mme Marie Louise Monteil (héritière) à la société des Ressources Minières du Plateau Central (RMPC); mais cette vente n'ayant jamais fait l'objet d'une autorisation administrative est caduque; la concession est toujours entre les mains des héritiers Monteil.

 

 

 

 

 


Créer un site gratuit avec e-monsite - Signaler un contenu illicite sur ce site

×