prades et Nièigles l'exploitation de 1880 à1900

Le 30 octobre 1882 est ouverte la gare de Nieigles-Prades (qui prendra ensuite le nom de Lalevade d’Ardèche) qui va permettre un fort développement de l’activité minière grâce notamment à des tarifs spéciaux qui permettent de développer les marchés dans les départements voisins. Cette gare est située près du puits Chalmeton sur le carreau duquel est construit un grand  atelier de criblage et de lavage.

 

Le décret du 1883 qui réduit le périmètre de la concession de Prades et Nièigles, étend la concession vers l’ouest au contact de la concession de Jaujac mais, par contre enlève toute la partie sud de la concession de 1805 qui avait été reconnue stérile. Un nouveau bornage entre les deux concessions est effectué en 1884.

 

En 1883, les travaux sont concentrés au puits Chalmeton dans lequel un TB de 320 m de long a été ouvert au niveau 168 m (profondeur depuis l’orifice du puits). Ce TB a recoupé 3 veines ; on aménage le gîte entre les niveaux 168 et 112 m. Les nouvelles installations extérieures d’extraction et de lavage sont presque terminées. Une grève a eu lieu en mai 1883.

 

En 1886, les travaux se font toujours à partir du puits Chalmeton, le TB dirigé au N-O au niveau 112 (cote) atteint 460 m de long.

 

En 1886 est commencé le puits Taillade (ou Tailhade) destiné à atteindre un groupe de couches dit de Prades situé entre le puits Chalmeton à l’est et le puits Armand à l’ouest. . A côté de ces puits d’extraction sont creusés des puits d’aérage (comme le puits Tourvieille qui assure l’aérage du puits Taillade).

 

Le puits Taillade sera achevé en 1892. Les travaux du puits Chalmeton sont également desservis par deux puits intérieurs : Ste Barbe mis en service en 1892 et Ste Marthe dont le fonçage commence en 1896. Le plan incliné Armand (parfois appelé descenderie Armand) est également en activité mais de façon plus ou moins régulière. 

 

Bien que le charbon de Prades soit difficile à laver, il est vendu essentiellement pour les usages domestiques (pour les qualités les meilleures, c’est-à-dire le gros) ), les fours à chaux (moyens), les fines étant cédées à la compagnie chemins de fer du PLM. Seule une partie des menus mélangés à du gras de Bessèges est aggloméré en briquettes. On compte également utiliser le menu des mines de Sumène récemment acquises.

 

Sur l’ensemble des mines de Prades et Nieigles, les effectifs occupés fin 1891 sont les suivants :

 

Fond : mineurs                        61

            Manœuvres                  93

            Boiseurs                       23

            Rouleurs                      29 soit 202 au fond

Jour     hommes                       104

            Femmes                       6  soit 110 au jour et au total : 312 ouvriers.

 

En 1893, le personnel est de 38 ouvriers au puits Taillade, 145 ouvriers au fond et 121 ouvriers au jour au puits Chalmeton (soit un total de 304 ouvriers). Le rythme  du travail en 1890 est le suivant : les ouvriers entrent à 6 heures du matin et en sortent à 5 heures du soir. Compte tenu des trajets intérieurs et des pauses repas, le temps de travail effectif est de 9 heures. En septembre 1893, le puits Chalmeton occupe 105 mineurs et manœuvres dont 50 piqueurs produisant environ 100 t/jour de charbon. Le personnel ne comprend au fond qu’un seul jeune garçon de moins de 18 ans employé au roulage.

 

Le puits Chalmeton est approfondi en 1891 jusqu’à la cote 44,65 (235,85 m de profondeur). Il a 4 m de diamètre. Au niveau 52, un TB le relie depuis mai 1892 au puits intérieur Ste Barbe. Ce puits exploite les couches 0 (zéro) et 1.

 

L’exploitation est répartie en 4 étages principaux :

-          1er étage entre la cote 267 (niveau de la galerie d’écoulement) et la cote 170 ;

-          2ème étage entre les cotes 170 et 112 ;

-          3ème étage entre les cotes 112 et 52 ;

-          4ème étage entre les cotes 52 et 0.

 

Chaque étage est divisé en sous-étages de 15 m. Ces sous étages sont reliés par des balances de 15 m de section 2 m x 2 m divisées en 2 compartiments, l’un dans lequel circule la berline et dans l’autre, le contrepoids. Les parties épaisses sont exploitées par tranches horizontales avec remblais depuis la partie NE jusqu’à une longueur de 80 m et les couches dont la puissance est inférieure à 1,50 m, le sont par tranches inclinées avec remblais. Les remblais arrivent au puits Chalmeton au niveau 112 qui aboutit au puits Ste Barbe puis de ce puits sont descendus aux divers sous étages qui les distribuent aux divers balances et couloirs à remblais.

 

Les deux premiers étages sont desservis à partir du puits Chalmeton par 2 plans inclinés, le 1er de 200 m et le second de 100 m de longueur. Le 3ème étage est desservi par le puits intérieur Ste Barbe et le 4ème est desservi par le puits intérieur Ste Marthe dont le fonçage commence en 1896 .

 

Le puits Ste Barbe est un bure de 60 m de haut au diamètre de 2,50 m, dont l’orifice est situé sur le TB du niveau 52 le reliant au puits Chalmeton. Ce TB de 235 m de long est achevé fin 1892. Utilisé d’abord comme puits de reconnaissance, il est ensuite utilisé pour la desserte du 3ème niveau du puits Chalmeton jusqu’au niveau 52. L’ancien manège (utilisé pour son fonçage et pour les recherches) à été retiré et le puits a été muni de guides jusqu’en bas. Le puits est muraillé sur toute sa hauteur et a reçu une cage à contrepoids pour l’arrivée des remblais et la montée des charbons (il joue en fait, le même rôle que les plans inclinés utilisés dans les étages supérieurs). 

 

Le puits Ste Marthe est destiné à desservir le 4ème étage de l’exploitation du puits Chalmeton (aval pendage du niveau 52).  Il a une profondeur de 65 m et est entièrement maçonné. Il est atteint par une galerie au rocher partant du TB 52. Son fonçage débute en 1896. Il est doté d’un treuil à vapeur intérieur de 250/500 t/m. L’orifice est doté d’un petit chevalement, la machine est située dans une chambre 7 m plus que l’orfice. L’arrivée de la vapeur et l’échappement se font par conduits vers le

 

Au 1er étage, en septembre 1893, il y avait encore 4 chantiers en activité qui occupaient 15 ouvriers. Les chantiers du premier niveau entre 183 et 200 ont été arrêtés en 1894. En 1895, il ne reste plus aucun chantier en activité à cet étage. 

 

Au 2ème étage, en 1893-1894, il ne reste plus que le charbon qu’on a dû abandonner au voisinage des incendies. Il n’y a plus de chantier en activité à cet étage (notons, au passage, que le plan incliné qui relie le niveau de base 112 et le niveau de tête 170 est entièrement voûté). Cet étage est desservi par le grand TB du niveau 170 où une pompe Tangye, achetée d’occasion aux mines de fer de Veyras, est installée ; mais la nature sulfureuse du charbon gène l’utilisation de celle-ci.

 

En 1894, seul le 3ème étage est réellement productif. Cet étage a été commencé en 1890 est desservi par le puits Ste Barbe (voir caractéristiques ci-dessous). Ce quartier est divisé en 4 sous-étages (cotes voie de tête/voie de fond) : 98/83, 83/68, 68/52 et 52/38. La galerie du niveau 98 dessert la couche 1 qui est exploitée vers le nord et vers le sud, puis la couche 3 exploitée vers le nord et l’ouest ; à 32 m de son origine une remonte la met communication avec le niveau 112. Au niveau 83 l’avancement s’effectue vers le nord et vers le sud en couches 1, 2 et 3 ; là aussi à 30 m de son origine une remonte la met en contact avec le niveau 98. Au niveau 68 le puits Ste Barbe communique avec la couche par un TB. Au niveau 52, enfin les travaux s’effectuent en couche 1. Le traçage est réalisé en grande largeur. Ils aboutissent au puits Ste Barbe lequel distribue les wagons de remblais. Les charbons sont en sens inverse, écoulés par les puits et balances[1] successifs jusqu’au niveau du TB 52 qui les amènent au puits Chalmeton..

 

En 1896-1898, on exploite l’étage 52-112 avec les sous-étages 112, 98, 83 et 68 et un nouveau sous étage (le 5ème) à –7/–22 est en préparation en 1898.

 

En mars 1900 au 3ème étage, 3 chantiers sont en cours de dépilage au niveau 98 en couche 1 et 6 chantiers aux niveaux 68 et 52 en couche 0 et 1.

 

Le 4ème étage, commencé en 1896, est divisé en 4 sous-étages de 15 m (cotes voie de tête/voie de fond) : 38/23, 23/8, 8/-7 et –7/–22.

 

L’aérage est naturel. L’air entre par le puits Chalmeton et sort par les plans inclinés des étages 112 et 170 et une cheminée d’aérage ainsi que par la galerie Chastagnère. .

 

L’entrée des ouvriers s’effectue non par le puits mais par la galerie Chastagnère qui est une galerie débouchant au jour située au nord à la cote 278. Cette galerie permet d’accéder au niveau 170 du puits Chalmeton.

 

En septembre 1897, la production du puits Chalmeton est de 130 bennes de 580 l soit 85,6 tonnes par jour avec 105 ouvriers fond. En août 1898 les effectifs du puits étaient de 108 ouvriers au fond (42 au charbon, 7 au rocher, 59 dans des chantiers divers, boisage, aménagement) pour une production journalière de 68 tonnes.

 

Le puits Taillade est situé à environ un km à l’ouest du puits Chalmeton. L’installation du guidage du puits Taillade est effectuée à la fin de 1892. Au niveau 252 du puits Taillade, un travers-bancs relie ce puits au puits Chalmeton. Le passage des ouvriers se faisait par une descenderie indépendante située à proximité au niveau 238.

 

A partir de 1893, le puits Taillade est réellement actif, il extrait 14 à 16 tonnes de charbon par jour. Ses charbons sont réputés meilleurs que ceux du puits Chalmeton, moins schisteux avec un meilleur taux de MV. Les travaux occupent en 1893, 28 ouvriers : 9 piqueurs, 9 manœuvres, 5 boiseurs, 5 rouleurs-receveurs ou rembayeurs et 6 ouvriers à l’extérieur (il n’y a aucun enfant de moins de 18 ans).

 

En 1894, les travaux se développent à partir du niveau 238 et la voie de fond à qui est à la cote 213 en couches 2, 3, 5 et 4. En effet, l’abondance des venues d’eau obligent à suspendre l’exploitation en amont pendage du niveau 238 (238-252).  Une galerie de drainage est amorcée au niveau 264 vers le ruisseau de Salindres. Mais en 1896, les avancements aux niveaux 238 et 213 en couches 4 et 3  ont été arrêtés dans le stérile. Les chantiers larges de 5 m sont conduits en montant selon la ligne de plus grande pente. En octobre 1894, le puits Taillade occupait 37 ouvriers dont 32 au fond pour une extraction moyenne  de 12 à 15 t/jour.

 

L’épuisement de l’eau se fait à l’aide d’une petite pompe Tangye installée au fond du puits qui s’avère insuffisante lors de fortes pluies, l’extraction doit alors s’arrêter pour effectuer l’épuisement par une bâche.

 

En 1897, les travaux entrepris à ce puits se révèlent plutôt décevants. Vers le Sud-Ouest aux deux niveaux les travaux sont abandonnés, le charbon devenant trop schisteux. De même une reconnaissance vers le sud dans la couche 4 au niveau 213, n’a donné que de piètres résultats et elles sont également abandonnées. Seules les couches supérieures ont été exploitées. En 1898, le développement horizontal des travaux le plus étendu se trouve au niveau 238 sur près de 500 m. En août de cette année là, il y a en activité 3 chantiers de dépilage à l’extrémité nord-est de la couche 4 entre 213 et 238. Ces chantiers occupent 26 ouvriers dont 12 au charbon pour une production journalière de 16 tonnes. A la fin de la même année, le nombre d’ouvriers occupés au puits Taillade est de 22 : 7 mineurs au charbon, 4 manœuvres, 5 boiseurs,  3 remblayeurs, 2 rouleurs, 1 manœuvre à la pompe. La production journalière est de 14 tonnes ; le travail n’a lieu que de jour.

 

En mars 1900, l’extraction n’est plus que de 10 tonnes par jour avec deux chantiers au niveau 238 en dépilage vers l’ouest en couche 4 et un chantier au même niveau côté est et un autre en couche 3. Les effectifs occupés sont de 17 : 12 mineurs, 2 boiseurs, 2 remblayeurs et 1 homme à l’épuisement des eaux.

 

A 800 m au sud-ouest du puits Taillade est mentionnée en 1898 « l’ancienne exploitation de la charbonnière de La Roche » qui a été abandonnée en 1858. Une tentative de reprise sans succès a eu lieu en 1873.

 

En mars 1900, le nombre d’ouvriers occupés au fond dans les travaux du puits Chalmeton est de :

            Mineurs et manœuvres au charbon      52 le jour et 4 la nuit

            Mineurs et manœuvres au rocher :       3 le jour et 0 la nuit

            Boiseurs et aides                                 10 le jour et 6 la nuit

            Rembayeurs et divers                          13 le jour et 0 la nuit

            Total                                                   78 le jour et 10 la nuit

 

La production journalière est d’environ 115 tonnes.

 

Le charbon est vendu outre pour les usages domestiques, en particulier aux chaufourniers de la rive droite du Rhône.

 

Une installation d’agglomération système Roux a été achetée d’occasion



[1] ascenseurs

Créer un site gratuit avec e-monsite - Signaler un contenu illicite sur ce site

×