Le bassin de Banne après l'institution des concessions

Quatre concessions ont été octroyées dans le bassin ardéchois de Banne :

 

L’ ordonnance royale du 10 juillet 1822 crée les concessions de :

-          Sallefermouse sur 262 ha en faveur de  MM. Delarque et Thomas,

-          Pigère et Mazel sur 114 ha (porté à 180 ha le 6 octobre 1836) en faveur de  MM. Emmanuel Antoine Bayle, Gadilhe (fils) et Pagès,

-           

Et l’ ordonnance royale du 6 octobre 1836 les concessions de :

-          Montgros sur 336 ha en faveur de  MM. Colomb, Molines, Martin père et fils et Bayle,

-          Doulovy sur 413 ha en faveur de  MM. Jalabert, Moutet, Lahondes et Darasse.

 

L'ensemble représente une superficie de 1.191 ha.

 

Thomas et Joseph Rivière de Larque[1] avaient déjà exploité la houille avant de s’associer et déposer ensemble une demande en concession (concession de Pigère et Sallefermouse) le 17 septembre 1811. C’est Thomas qui en est l’initiateur et de Larque en quelque sorte, le financier. En 1832, les rapports présentent Delarque comme un septuagénaire très riche ; sans descendant, il a pour héritier un neveu, membre de la chambre des députés, également très riche. Thomas et de Larque formèrent une société civile par contrat du 30 juin 1812. La procédure est longue. Le Préfet leur accorde une permission provisoire pour continuer leurs travaux. Dans le courant de l’année 1819, l’un des fils Thomas découvre dans la propriété de Gadilhe à Mazel une nouvelle couche de houille inconnue jusqu’ici. Gadilhe et Thomas fils puis Gadilhe seul, exploitèrent cette couche. Gadilhe s’associa avec Pagès et Bayle pour demander à leur tour une première concession en février 1820 puis, en mars suivant, une nouvelle demande qui entrait directement en concurrence avec celle de Thomas et Delarque. Le service local des mines proposa alors de diviser la zone demandée en deux concessions distinctes. L’ingénieur général dans son rapport du 17 avril 1822 au Conseil général des Mines n’est pas favorable à cette division compte tenu de la faible importance du gîte. Fait assez rare, le Conseil le 17 mai 1822 ne le suivra pas et donnera un avis favorable à la partition du gisement. Par la suite Thomas fut évincé.

 

La concession de Sallefermouse fut ensuite vendue aux propriétaires de la concession de Pigère et Mazel en 1835. Les concessions de Sallefernouse et de Pigère et Mazel appartiennent ensuite à la société des houillères de Banne (siège à St Paul le Jeune). Elles sont acquises en 1909 par la société des Houillères du Nord d'Alès (décret d’autorisation du 13 octobre 1910) et seront nationalisées en 1946.

 

Les terrains non encore concédés, notamment entre les concessions de Sallefermouse et de Pigère et Mazel, vont faire l’objet d’âpres combats dans les années 1820-1830 ; vu le faible intérêt de ces mines, on ne reviendra pas en détail sur ces luttes de clans et d’intérêts. Comme en 1822, pour départager les demandeurs, deux concessions seront finalement accordées: Montgros et Doulovy.

 

Colomb, principal propriétaire de la concession de Montgros, est, à cette époque, le plus riche particulier du département de l’Ardèche ; banquier, il a fait fortune en faisant des avances financières aux éleveurs de vers à soie. Son implication dans une concession minière est la suite logique, en effet, les élevages de vers nécessitent beaucoup de combustible. Or, les éleveurs avaient beaucoup de mal à payer les fournisseurs de charbon dont le prix était élevé et, partant, à rembourser Colomb, d’où l’idée que s’il vendait lui même le charbon ..! Il s’associa avec Molines, Bayle et les Martin père et fils.

 

Jean Jalabert, codétenteur de la concession de Doulovy, est natif de Tarascon-sur-Rhône et vint s’installer à Nîmes où il fut clerc d’avoué. Il épousa la fille d’Héraud-Ventujol, de Saint Gilles, personnages bizarre qui fut plusieurs fois emprisonné pour dettes. Il devient ensuite commissionnaire en vins. En 1832, il vient faire des prospections en Ardèche et découvre effectivement une couche de charbon dans la propriété de Joseph Roussel ce qui le conduisit à déposer une demande en concession le 2 août 1833. En septembre 1834, il s’associe avec Moutet et Lahondès puis avec un négociant parisien, Darasse.

 

La concession de Montgros appartient depuis 1876 à la Compagnie des mines de Montgros ; suite à la liquidation de cette société en 1895, elle est rachetée par adjudication du 5 janvier 1929 par la même société ; suite à l’avis favorable du Conseil général des mines du 4 avril 1930, la mutation est autorisée par décret du 30 juillet 1930.

 

La concession de Doulovy est cédée par la hoirie Lavernède le 23 novembre 1922 à la société des Charbonnages réunis du bassin Nord de Bèssèges (voir sur cette société l'affaire des mines d'or de la Gagnière) ; elle avait fait retour à l’Etat après déchéance du concessionnaire au moment de la nationalisation.

 

 



[1] ou Delarque ;.

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