Concession de veyras : l'historique

La concession de Veyras a été instituée par ordonnance royale du 28 août 1843 sur 306 ha en faveur de  M. Ardaillon ; en 1845 elle devient propriété de la société des Fonderies et Forges de L‘Horme.

 

Le 10 octobre 1839, M. Ardaillon, maître de forge à Saint-Chamond, député de la Loire, informait le préfet de l’Ardèche qu’il se préparait à fouiller des gisements de minerai de fer qu’il a découvert au quartier d’Argevillerès, commune de Privas et au quartier de Chassagne, commune de Coux. A la suite de ces travaux, il déposait une demande en concession le 18 juillet 1841 sur 306 ha. Entre temps, le 9 février 1841 une autre demande arrivait à a préfecture émanant de MM. Penel, Dourille et autres qui avaient créé la société de Saint-Priest et Creyseilles pour la recherche de  houille et autres combustibles dans la région de Privas ; cette demande portait sur une superficie beaucoup plus grande que celle d’Ardaillon puisqu’elle couvrait 7.101 ha ; elle sera ensuite réduite à 1.520 ha. La demande se base sur des recherches effectuées entre 1837 et 1839. Au cours de l’enquête publique, le 15 janvier 1842, la société Revol, Rapine et Cie déposa à son tour une demande en concession. Cette demande portait sur la même superficie que la demande d’Ardaillon. 

 

Par acte du 23 mars 1842, la société Penel et Dourille cédait ses droits à la société des fonderies et forges de l’Ardèche et de la Loire, propriétaire des hauts-fourneaux de La Voulte. Cette société laisse, en plus, entendre qu’elle pourrait construire deux hauts-fourneaux près de Privas. Elle s’engage également à fournir une partie de la production de Veyras les deux hauts fourneaux d’Ardaillon, situés à l’Horme dans la Loire, qui manque d’approvisionnement en minerai. Dans sa contre attaque, Ardaillon s’engage également à construire deux hauts fourneaux à Privas. Pour ne pas être en reste, Revol et Rapine s’engagent à fournir Ardaillon à L’Horme et même les forges de La Voulte dès que la concession de La Voulte sera épuisée. Rapine est un ancien notaire à Charmes, Revol est un important marchand de charbon de Givors, propriétaire d’une importante flottille sur le Rhône.

 

Pour départager les concurrents, le service des mines chercha à savoir quel était le véritable inventeur du gisement. On n’entrera pas dans les détails, complexes, de cette recherche, chacun s’attribuant les mérites de la découverte. En fait lorsque les fouilles sont entreprises à la fin des années 1830, le gisement était connu depuis au moins 50 ans et avait fait l’objet d’une description dans le Journal des Mines en 1793.

 

La société des fonderies d’Ardèche et de la Loire et Ardaillon possèdent des hauts fourneaux, la première à La Voulte, la seconde à l’Horme (Loire) ; Etienne Revol, par contre, l’a pas encore d’usine sidérurgique mais possède des participations dans plusieurs affaires minières dans le bassin de Rive-de-Gier. Il projette de plus la construction de hauts fourneaux au Pouzin.  La société d’Ardèche et de Loire apparaît avoir le plus de chance : affaire solide, bien gérée, elle possède 7 hauts-fourneaux (4 à La Voulte, 2 à Terrenoire et un à Vienne), de plus, on donne la concession de la Voulte comme étant en voie d’épuisement, or il lui faut pour alimenter ses hauts-fourneaux, 50 à 52.000 tonnes de minerai par an. 

 

Dans son apport, l’ingénieur des mines propose de diviser en deux le gîte de Privas entre une concession à l’est qui serait attribuée sous le nom de concession de Vayras à la société des Fonderies et forges de l’Ardèche et du Rhône (et qui serait assortie d’un droit d’affouage de 8.000 tonnes par an de minerai grillé en faveur d’Ardaillon), et une concession à l’ouest dite de Saint Priest à la société Revol et Cie.

 

Il ne sera pas entièrement suivi par son supérieur hiérarchique, l’ingénieur en chef. Celui-ci considère en effet que la zone de Saint Priest n’est pas assez connue pour pouvoir être attribuée. Par contre, ll soutien la proposition d’attribuer la concession de Veyras à la Compagnie de La Voulte sous réserve que celle-ci s’engage à fournir du minerai à d’Ardaillon pour ses hauts fourneaux de l’Horme et à Revol lorsque son usine du Pouzin sera édifiée.

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