concessions de St Priest, le Lac etB Fraysse : l'exploitation

Dans les années 1858-1860 l’activité est poussée dans les concession du Lac et de St Priest. Au Lac un nouveau puits est foncé ; il atteint 84 m de profondeur en 1862.

 

En 1863, l’amodiation de la concession de St Priest devant prendre fin en mars 1864, la compagnie tire le maximum de cette concession et parallèlement aménage les autres concessions. Au Lac est entrepris le fonçage d’un puits Finalement le bail est reconduit pour 9 ans mais avec une production maximum limitée.

 

La compagnie poursuit et développe l’exploitation des concessions du Lac simultanément à St Priest. Un nouveau puits d’extraction et une grande galerie de roulage permettra ce développement des deux mines. En 1863 les mines de St Priest et Le Lac livrent à 6 usines : Revol au Pouzin (36.332 t), La Voulte (47.069), Terre-Noire dans la Loire (3.099 t), Bessèges (7.547 t), Soyons (7.799 t) et Pont-Evèque dans l’Isère (1.208 t).

 

Les concessions de St Priest et Fraysse sont exploitées par des travaux communs. Le champ d’exploitation est aménagé de telle façon qu’une même voie d’allongement s’étend sur les deux concessions ainsi que sur celle du Lac. L’extraction et l’épuisement sont concentrés dans celle du Lac. L’épuisement, important, se fait également par une machine unique située dans la concession du Lac.

 

Dans la concession de St Priest, il est fait mention du puits St Léonard qui ne semble plus en activité à cette époque.

 

En 1877, les 3 concessions font l’objet de travaux communs. La Méthode d’exploitation utilisée est celle des tailles droites progressant dans le sens des avancement et remblayées au fur et à mesure..

 

L’exploitation est très irrégulière : « Depuis le mois de mai 1887 le travail  qui n’était [à la mine de Veyras] auparavant que d’une quinzaine de jours par  mois est redevenu à peu près normal », signale le rapport de l’inspecteur des mines.

 

Les concessions de St Priest et de Fraysse sont inexploitées depuis 1884 (en dehors de  1.590 tonnes extraites de  la mine de St Priest en 1887).

 

Comme en 1886 et 1887, les travaux de la mine du Lac sont concentrés en 1888 au voisinage du puits à remblais n°11. Le travail a été réduit à partir de mai à 20 jours par mois.

 

A la suite d’une autorisation administrative et d’un « arrangement interne », on a effectué en 1887 le percement de l’investison situé entre les concessions de St Priest et de Veyras. Au moyen de cette communication la cie de Terrenoire se charge de l’épuisement des eaux du quartier st Léonard  de la mine de Veyras mais avec la réserve que la galerie de communication sera munie d’une vanne de sûreté et d’un compteur. Un compteur mesurait  la portion des eaux de la mine de Veyras qu’épuisait  la compagnie de Terrenoire par la mine du Lac. Ce compteur fut mis hors service après le percement de la galerie d’évacuation en 1890. En mai 1894, 3 chantiers sont en cours de traçage menés à grande largeur (6m) dans cet investison.

 

En 1887,  malgré une situation peu prospère des mines de fer de Privas, les deux compagnies de l’Horme et de Terrenoire entreprennent la construction d’une galerie d’écoulement longue de 3.272 m qui a son origine un peu en amont du village de Coux,  sur la rive droite de l’Ouvèze, à la cote 197,  et qui l’évacuation des eaux des diverses exploitations et, en particulier, de supprimer la puissante pompe d’épuisement qui élevait les eaux  à la surface de 100 m de profondeur et de réaliser ainsi une économie considérable sur le prix de revient de la tonne de minerai. Cette galerie nécessite le creusement de 7 puits  qui ont les profondeurs vont de 18 à 69 m. Tous les puits à l’exception du n°4 sont déjà forés et 403 m de galeries sont creusés au 31 décembre 1887. Les travaux ont été effectués avec beaucoup de difficultés. La communication entre le puits N°1 et cette galerie a été faite le 24 décembre 1888. La galerie est achevée le 20 janvier 1890. Sa longueur finale est de 3.360 m.

 

 

En 1890 était achevée la communication à travers l’investison de l’Ouvèze entre les concessions de Veyras et du Lac. Les mines de Privas sont depuis cette date affranchies  des dépenses d’épuisement qui augmentaient chaque année avec l’étendue des dépilages. Indépendamment des avantages relatifs au prix de revient et à la sécurité qui résultait de l’aménagement de cet ouvrage, l’investison ménagée sous l’Ouvèze entre les concessions de  Veyras et du Lac pourra être dépilé ; les aval-pendages des 4 concessions seront facilement exploitables puisqu’il suffira de remonter seulement leurs eaux à la galerie d’écoulement. « Ce travail donne la possibilité économique de dépiler complètement le minerai restant dans la lentille de Privas qu’on peut estimer à 850.000 tonnes pour les 3 concessions du Lac, de St Priest et de Fraysse et à 1.200.000 tonnes pour celle de Veyras. D’autre part, la réunion des mines dans les mêmes mains opérée également dans l’année permet d’abandonner en partie certaines installations de jour et  même de condamner certains puits. Ce programme est déjà en exécution en ce qui concerne le puits Grüner et les bâtiments qui l’avoisinent » (arrêté préfectoral du  3 novembre 1892).

 

En mai 1894, deux chantiers, l’un selon la pente et l’autre selon la direction sont actifs. De plus, à la cote du 4ème niveau dont on continue le traçage à travers les remblais  de la mine du Lac 

 

Exploitation commune du bassin

 

A partir de 1892, après la faillite de TLVB, les 3 concessions réunies (Le Lac, St Priest et Fraysse) sont exploitées simultanément par la société nouvelle des établissements de l’Horme et de la Buire et ne forment qu’un seul et même groupe de travaux.

 

En dehors des travaux inter-concession des investisons du Vaumale (entre St Priest et Veyras) et de l’Ouvèze (entre Veyras et le Lac), les travaux portent en mai 1894 sur les quartiers suivants :

 

« 1°) on trace en piliers l’investison de Vaumale en amont pendage de la galerie Grüner, ce traçage sera conduit jusqu’à la faille Sauvy, qui limite l’investison à l’Ouest puis on procédera au dépilage en battant en retraite (sic)

2°) le niveau de la descente St Jean qui définit un 1er étage dans l’aval pendage de Grüner, est poussé vers l’ouest à travers les remblais de la mine du Lac mais il n’a pas encore atteint l’investison de l’Ouvèze. (…) Rien n’a été fait pour l’aménagement définitif des anciens inclinés des mines du lac ;

3°) dans l’étage inférieur à celui dont nous venons de parler, on travaille toujours à la rectification de la communication entre le pied du plan 14 et le 8ème niveau. On sait que cette dernière galerie est à la cote de la galerie d’écoulement et qu’elle constituera la voie de fond d’un second étage. Son avancement ouest a percé dans la galerie inférieure du puits n°9 de la mine du Lac mais la différence de niveau des deux galeries est d’environ 1,30 m ; on a donc décidé de poursuivre encore  le 8ème niveau pour le relier  sans ressaut aux artères de roulage de la mine du Lac ».

Par suite de l’état actuel du marché sidérurgique, l’usine du Pouzin depuis le mois de mars 1893, a réduit à 3.000 tonnes par la quantité à fournir par la mine qui nous occupe.  Pour s’en tenir à cette production  le personnel chôme en 1894 un et parfois deux jours par semaine.

 

L’exploitation comprend en 1895, huit chantiers disséminés dans les 3 concessions. En décembre 1896, les 3 concessions ont en activité 8 chantiers dont 3 dans la mine de Veyras, 3 dans la mine du Lac et 2 dans celle de St Priest. L’extraction est basée sur le chiffre de 3.300 tonnes par mois soit une extraction annuelle de 40.000 tonnes. Les ouvriers n’ont plus de chômage mais l’extraction proprement dite ne s’effectue que 4 jours par semaine. Les produits de la mine de Privas sont pour la plus grande partie consommés par les hauts-fourneaux du Pouzin, une partie par les hauts-fourneaux de Givors et une petite partie est traitée sur place pour la fabrication du minium.

 

En novembre 1898, à part l’investison, il reste à prendre la partie NO du gîte située au delà des anciens puits Choloy, St Limard ( ?) et Ste Marie où la couche n’ayant guère que 1,20 m d’épaisseur avait été délaissée. L’investison de l’Ouvèze constitue la principale exploitation, la couche a une puissance d’environ 4 m. Les eaux concentrées au 8ème niveau sont conduite par une grande galerie d’écoulement de 3,2 km de long mise en service en 1890 en peu en aval du village de Coux sur l’Ouvèze

 

En 1900, on continue l’exploitation du même pilier de l’Ouvèze. Les réserves estimées sont de 600.000 tonnes.

 

Méthode d’exploitation

 

En 1897 le chantier fait l’abatage par l’explosif, les rouleurs les déchets et réparations d’outils, la benne de 700 kg utiles est payée selon les cas de 1,50 à 2 francs, on retient 4 % pour le stérile. Le travil est conduit de la façon suivante : il a 3 à 6 m de largeur suivant la solidité du toit, Un faux toit de 0,50 à 1 m est enlevé en même temps que la couche et laisse un plafond très sain et très solide : on fait un havage à la pointerolle dans le minerai feuilleté qui occupe la partie supérieure du gisement et le stross ( ?) de minerai feuilleté, est attaqué par coups de mines ; très souvent le minerai, agathisé, exige un rebanchage à l’aide coups de mines horizontaux. Le faux toit est soigneusement enlevé ce qui permet de réduire le boisage au minimum (malgré la grande hauteur des tailles, il n’y a pratiquement jamais d’accident par chute de blocs) ; le boisage intervient dans le prix de revient pour 0,12 à 0,20 francs seulement. L’explosif n’est manipulé que par le boute-feu ; on emploie de la dynamite gomme  (0,05 francs par tonne de minerai).

 

Le boisage se fait de nuit principalement et est confié à des ouvriers spéciaux. Le remblai est fourni partie par le faux toit, partie par des carrières à remblais ouvertes dans la marne siliceuse. Le remblayage est payé 0,70 francs par m3 provenant du faux toit et 1,40 m3 provenant de l’extérieur (les ouvriers ont alors à payer la dynamite employée soit 0,04 francs/m3). Le prix de revient de la tonne de minerai ne dépasse pas finalement 3,50 francs à 4 francs.

 

Effectifs

 

En 1890, le personnel employé aux mines de Privas a varié dans l’année de 160 à 180 dont 35 au jour. En 1891, les effectifs des mines de Privas sont de 210 ouvriers dont 162 à l’intérieur et 48 à l’extérieur.

Le personnel de la mine le 5 mai 1894, comprenait 150 hommes dont 80 mineurs (dont 4 boiseurs),  25 remblayeurs, 7 receveurs, 6 rouleurs, 2 cantonniers, 8 manœuvres, 2 machinistes et chauffeurs, 12 carriers (carrière à remblais) et 8 ouvriers aux ateliers

 

En novembre 1895, » l’extraction mensuelle est de l’ordre de 3.000 tonnes Le personnel est de 98 ouvriers dont 75 à l’intérieur (dont 2 de 17 ans)  et 23 à l’extérieur. A la reprise des travaux le personnel a été porté à 100 dont 78 à l’intérieur y compris deux enfants de 17 ans et 22 à l’extérieur . En 1896, le personnel de la mine varie entre 100 et 105 ouvriers (85 à l’intérieur et 20 à l’extérieur).

 

En septembre 1897, le personnel occupés dans les travaux était de 86 mineurs en chantiers, 4 boiseurs, 1 boutefeu, 5 rouleurs, 8 remblayeurs, 16 à l’extérieur dont 12 à la carrière à remblais, ce qui avec les surveillants fait un personnel d’environ 130 hommes. Le rendement par homme total varie de 1360 à 1400 kg de minerai (1960 en août 1897). Chaque chantier comprend 7 hommes dont un chef de chantier, 4 mineurs et deux rouleurs.

 

En novembre 1898, le personnel comprenait un chef de poste, 6 boiseurs, 86 mineurs et rouleurs dans 13 chantiers,  1 chargeur de coups de mines, 3 cantonniers, 5 rouleurs, 12 remblayeurs et maçons et 4 divers soit 117 au fond et 24 au jour dont 10 à la carrière à remblais. La journée va de 6 heures du matin à 6 heures du soir avec repos de 2 heures à midi.

 

En avril 1899, le nombre d’ouvriers est de :

                                                                        Jour                              nuit

            Mineurs et manœuvres                           92

            Boiseurs                                              5

            Rouleurs                                              5

            Cantonniers                                          2

            Machiniste                                           1

            Accrocheurs                                         1

            Remblayeurs                                        4                                              8

Total                                                                 110                                           8

 

Pour une production journalière d’environ 200 tonnes de minerai.

 

Le personnel employé  en 1900 est de 120 au fond dont 90 mineurs et boiseurs, 15 remblayeurs, 13 divers, 1 chef de poste et 30 au jour dont 14 à la carrière à remblais.

 

En 1905, la production est nulle mais reprend en mars 1906

L’exploitation est suspendue lors du déclenchement de la guerre de 1914. Elle reprendra le 7 août 1915 avec une moyenne de 45 ouvriers dont 33 au fond.

 

L’exploitation se poursuit petitement au début des années 20 aux abords des galeries principales et dans le quartier Grosjeanne.

La concession de Fraysse a été exploitée par le puits Granger (120 m) au NE de la concession de 1858 à 1902, année de l’abandon des travaux.

 

En 1862 le rapport de l’ingénieur des mines signale que la mine du Fraysse est inexploitée depuis août 1860. Il ajoute : « placée sur les bords de la lentille ferrifère, cette mine se trouve dans des conditions beaucoup moins favorables que les mines voisines ; la faible puissance de la couche et la dureté du minerai, l’affluence des eaux, les difficultés d’extraction sont autant de causes qui ont contribué à l’abandon des travaux ».

 

 

Créer un site gratuit avec e-monsite - Signaler un contenu illicite sur ce site