Concession de lignite du banc rouge (histoire et exploitation)

Historique

 

Il est fait mention dans les dossier d’une permission d’exploiter du 13 octobre 1755 accordée par M. de Saint-Priest, intendant du Languedoc à un ancêtre du futur concessionnaire de Bernis.

 

Sous la Révolution[1], cette mine étant sous séquestre, le propriétaire, le marquis Pierre de Bernis ayant émigré, est exploitée par des particuliers pour approvisionner une filature de soie puis un habitant de Pont sur Rhône vint s’y établir et exploiter le combustible pour alimenter un four à chaux construit près de l’entrée de la mine située au bord du fleuve. Le résultat fut si déplorable que la commune s’en empara pour alimenter cette fois un atelier de salpêtre. Un état du 3 nivôse an 3 mentionne  que le mine est « très peu » exploitée.

 

Le marquis Léon de Bernis ayant repris ses biens, dépose une demande en concession en 1808 puis une seconde en 1834 (la demande de 1808 étant restée sans suite), puis une troisième – la bonne - le 27 novembre 1848 ; il prétend pour justifier sa demande que lui même et ses ancêtres ont toujours, au moins depuis 1755 exploité la mine – sauf la période Révolutionnaire. Léon de Bernis est un gros propriétaire local qui a effectivement ou plutôt fait exploité par les habitants (moyennant rétribution) les mines situées sur sa propriété. La demande ne suscita aucune opposition ni demande concurrente.

 

Le Banc-Rouge[2] est une concession de 1.026 ha attribuée par décret du 5 janvier 1853 en faveur de Léon de Bernis. La concession ne changera jamais de propriétaire. Elle est renoncée par sa descendante, Mme de Bernis, veuve Pierre d’Harcourt, par décret du 18 juillet 1936.

 

Exploitation

 

Le gîte de Banc Rouge est situé sur les communes de St Just St Marcel (Ardèche) et La Palud (Vaucluse) au confluent de l’Ardèche et du Rhône. Il fait partie du bassin à lignite de Bagnols (Gard). L’étage à lignite affleure sur l’une des berges du fleuve, c’est le rocher formé par cet affleurement qui s’appelle le “banc rouge”. Il y a deux couches, la plus élevée, dite première mine, a 1,20 m d’épaisseur et est formée de lignite et de marnes bitumineuses alternés, la seconde couche ou basse mine, a 0,5 m d’épaisseur utile.

 

En dehors des exploitations faites auparavant, les premières recherches sérieuses remontent à 1820 au moins. Sous la Révolution, il y a deux entrées situées le long du fleuve dont une inférieure généralement noyée lors des crues du fleuve. L’exploitation se fait horizontalement, elle est ainsi que l’extraction et le roulage, très facilement.

 

Avant l’institution de la concession l’exploitation est très artisanale, sans méthode, irrégulière par petits puits que l’on abandonne dès que l’air manque ; on estime que seulement 50 % du charbon est extrait.

 

En 1862, la mine est presque complètement inexploitée ; quelques ouvriers y travaillent en hiver et au printemps ; la production est de 140 tonnes destinées à la consommation locale. En 1864 la production est signalée « très restreinte » ; la mine n’occupe que quelques ouvriers quelques semaines par an. Après un long abandon, l’exploitation est reprise en 1875, mais la régression des industries de la soie et la concurrence des charbons du Gard font que les travaux sont de nouveau arrêtés en 1876 puis reprennent en fin d’année. Deux petits puits sont foncés prolongés de galeries.

 

 

Tonnage

effectifs

1874

40

15

1875

404

6

1876-1878

-

 

1879

1.209

 

1880

1.603

 

1882

1.648

 

1883

1.191

 

1884

1.660

 

1885

829

 

1886

1.100*

 

1887

2.092

 

1888

1.707

9

-          dont 460 tonnes autoconsommées

 

 

En 1879-80, on creuse un nouveau puits (puits n°8) à 130 m à l’ouest de la partie du gîte exploitée jusqu’ici ; tous les anciens puits, à l’exception du puits n°7, ont été comblés. Une galerie de roulage est creusée entre les deux puits.

 

En 1883, les travaux sont concentrés autour des puits N°7 et 8 jusqu’au mois d’août quand un incendie se déclara, provoqué par l’introduction de menus dans les remblais et les travaux ne reprennent qu’au mois d’octobre. On creuse un nouveau puits d’extraction (puits n°9) à 72 m du puits n°7 et à 91 m du puits n°8.

 

Elle est exploitée à partir de 1886 par une nouvelle société nouvellement créée mais les ambitions de cette société sont rapidement déçues. Les produits ne peuvent être écoulés que pour les besoins locaux.

 

L’ancien champ d’exploitation des puits 10 et 11 a été abandonné et deux nouveaux puits ont été foncés à l’Ouest du puits St Marcel, ce sont les puits de la Cochetière  et le puits Bacqua. Le manque de débouchés est un obstacle sérieux au développement de ces mines. De plus les travaux sont en partie noyés.

 

Une galerie de reconnaissance est creusée à partir du puits de la Cachetière dans la direction OSO. Elle atteint 75 m en octobre 1888.  Dans son rapport de visite du 3 octobre 1888, l’ingénieur des mines ne fait état que de 9 ouvriers employés à la mine dans 2 chantiers et à l’avancement de la galerie de reconnaissance. Le débouché est local et sert au chauffage domestique. Les travaux sont remblayés.

 

L’exploitation a été arrêtée le 13 août 1889. Les dépilages étaient alors peu actifs et les chantiers dispersés entre de petits niveaux distants de 8 à 10 m branchés sur une descente partant du pied du puits suivant la ligne de plus grande pente du gîte. « Ces chantiers, les uns chassant, les autres montants, témoignaient par leur désordre au point de vue de leur situation, de la mauvaise direction de la mine entre les mains des divers prédécesseurs du directeur actuel, M. Février, de la valeur technique desquels les PV de visite des années dernières sont d’ailleurs loin de faire l’éloge. M. Février qui paraît mieux à même de conduire l’exploitation, remettait dans les chantiers les 6 ou 7 ouvriers que le fond de la mine occupait pour remplir les commandes.  Il procédait surtout depuis son arrivée à Banc-Rouge à l’allongement de la desserte du puits de la Cochetière pour reconnaître la formation. A l’extrémité de cette dessert à 115 m du puits la couche présentait une belle puissance et donnait des produits de bonne qualité. Il songeait à pousser cette galerie jusqu’à 200 m et décider le propriétaire, M. de Bernis, à foncer un nouveau puits pour exploiter et puiser en aval pendage. Mais depuis longtemps la pompe du puits de la Cochatière fonctionnait très mal. Et le 13 août dernier on appris la décision de laisser inonder les travaux après avoir sorti le matériel (dont la pompe)». La mine n’occupait plus que 6 ouvriers au fond et 2 au jour.

 

L’ingénieur conclut : « il est certain que la partie du gisement reconnue par la desserte est plus belle que celles qui ont été mal exploitées ces dernières années par de petits puits aujourd’hui remblayés. La mine du Banc-Rouge se trouve dans de meilleures conditions que jamais ; c’est ce qui décidera probablement son propriétaire à entrer en concurrence avec la mine de St Paulet située en face d’elle dans le département du Gard de l’autre côté de l’Ardèche, pour lui disputer la consommation locale dans les régions avoisinantes ». Des travaux de recherche ont lieu en 1901-02. En 1905 la mine produit 2.500 tonnes de lignite avec 18 ouvriers. Les derniers travaux semblent remonter à 1918.

 

Les Ets Rey Frères effectuent en 1945-1946 (peut-être jusqu’en 1950) des travaux de recherches dans le lambeau compris entre les anciens travaux du puits Hervé Gabrielle et ceux du puits n°8 ; des cheminées ainsi que plusieurs sondages sont effectués.

 



[1]  St Marcel d’Ardèche est alors nommée « Bourg la Raison »

[2] à cheval sur les départements de l’Ardèche et du Vaucluse

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