concession de lignite et de schistes bitumineux de vagnas : l'exploitation

Le gîte de Vagnas a fourni du lignite et des schistes bitumineux. Situé dans le bassin de Barjac ce gisement appartient à l’horizon productif du Crétacé supérieur. Le faisceau présente un certains nombre de couches dont les deux principales sont au toit la couche Champcrébat et au mur la couche Réal. Le gisement de Vagnas est situé dans l’étage cénomanien du crétacé supérieur qui plonge vers l’ouest avec un pendage de 18 à 20°. Au dessus du faisceau inférieur de lignite, existent 5 couches de schistes bitumineux et lignites dont 2 seulement, celle de Champcrébat au toit et celle de rial au mur ont été exploitées.

 La couche de lignite dite du Rial, a 0,90 m de puissance surmontée d’un banc de pyrite de 0,10 m et d’une couche se schiste bitumineux de 1,50 m. A un niveau supérieur, après une intercalation de 190m une couche schiste bitumineux dite de Champcrébat d’une puissance sur 1,50 m.

 Un sondage de 162 mètres a montré la régularité et la continuité de nombreuses couches de schistes situés dans le Crétacé. On estimait dans les années 30 que les schistes pris en affleurement pouvaient donner 40 à 43 % de matières volatiles, 25 à 28 % de carbone, 28 à 30% de cendres  et 140 à 160 kg d’huile par tonne de schistes.

 La concession de Vagnas a été exploitée dès 1842 aux lieux dits Champcrébat et Réal situés au sud-ouest de la concession.

 Dans les années 1840 on mentionne le puits de la Tuilière d’où on extrayait le lignite nécessaire à la cuisson des briques et des tuiles.

 En 1858, un rapport de l’administration des mines mentionne à Champcrébat, plusieurs galeries exploitant houille et schistes ; une première galerie creusée à partir des affleurements a dû être rapidement abandonnée. Un TB de 100 pris à un niveau inférieur a permis de recouper la couche Champcréba ; il fut remplacée par une autre galerie. Ces galeries sont proches de l’usine. A Réal une galerie muraillée également pour la houille, le schiste ainsi que pour la pyrite, une usine près de Réal pour la fabrication d’huile. Cette usine a été autorisée par arrêté préfectoral du 30 avril 1854 et est terminée en 1858. Elle contient alors 50 fours de distillation.

 Le rapport de l’ingénieur des mines pour 1859 mentionne : « l’usine de distillation construite par la compagnie Enne, Guez et Molines a déjà fonctionné avec succès ; elle livre au commerce des produits variés, huiles lourdes ou légères, goudron, sulfate d’ammoniaque, paraffine ». Cette galerie qui part de l’usine, a recoupé la couche Réal à 110 m de son orifice et une galerie a suivie la couche en direction.

 A partir des années 1860 c’est le schiste bitumeux qui l’objet principal de l’exploitation. Le lignite étant utilisé pour faire fonctionner une distillerie qui produisait du pétrole lampant. En 1862, l’ingénieur des mines écrit : « cette exploitation se trouve aujourd’hui dans un état prospère ; après les essais et les tâtonnements inévitables au commencement d’une fabrication nouvelle, l’usine est parvenue à fabriquer l’huile de schiste, facilement et en grande quantité ».

 

année

Tonnage lignite

Tonnage schistes

Tonnage  huile pure

Nombre ouvriers

1861

4.100

5.695

113 t

 

1862

2.293

7.715

231 t (2.822 hl)

 

1863

1.879

7.939

 

 

1864

1.922

9.639

 

 

1865

2.462

12.500

 

 

1874

670

1.796

 

18

1875

182

822

 

15

 Jusque vers le milieu de 1861, le lignite a exclusivement été employé pour le chauffage des cornues de distillation du schiste ; à partir d’août 1861, on utilisa pour ce chauffage, les résidus de distillation des cornues et le lignite est utilisé pour le chauffage des chaudières à vapeur et des appareils de distillation. La quantité de schistes distillés par jour est de 30 tonnes ; le nombre de cornues de 104. Le rendement n’excède pas 6 % des produits bruts et se réduisent à 2 % pour les huiles de vente. Les produits fabriqués sont vendus dans les départements voisins et en Ardèche à 70 francs l’hl. La mine occupe 113 ouvriers en 1862. En 1864 plusieurs améliorations sont apportées à l’usine permettant de compenser la forte baisse des huiles suite aux importations massives. La mine occupe 50 ouvriers dont 40 au fond en 1864 et en 1865, 63 ouvriers dont 50 au fond..

 Jusqu’en 1873, environ 1.800 tonnes de lignite et 5 à 6.000 tonnes de schistes sont ainsi extraites chaque année en couches Champcrébat et Réal dans un panneau délimité par les deux failles (Nord  et Sud) par une galerie sur une longueur en direction de 325 m et sur une profondeur de 75 m pour la couche Champcrébat et 40 m pour la couche Réal. La couche de Champcrébat avait une puissance de 1,80 m. La couche de Réal, à une centaine de mètres du mur, était  composée de 4 bancs comprenant du toit au mur, 08 m de schistes bitumineux argileux et inexploitable, 0,6 m de bons schistes, 0,10 de pyrites et 0,80 m de lignite pyriteuse.

 Les travaux se sont développés depuis les affleurements jusqu’à 250 mètres en aval pendage dans la couche de Champcrébat et jusqu’à une centaine de mètres dans la couche de Rial. Le gisement était régulier avec tendance à l’augmentation de la puissance des couches en profondeur dans la partie centrale du panneau. Au total, la partie exploitée ne représentait que le douzième de la superficie de la concession.

 L’exploitation se faisait au moyen d’un plan incliné doté d’une machine de 15 ch. Le plan incliné a été tracé en ligne droite sur 325 m. les travaux se sont développés sur 250 m selon la pente et 340 m en direction. Il n’y a pas de remblayage. L’abatage est payé 0,75 francs la tonne au piqueur avec une production de 4 à 6 tonnes par poste. L’exploitation est mise en sommeil en 1873 et fermée en juillet 1877. 

 L’usine de distillation qui avait été créée sur place (à Segriès) est également fermée et détruite. Cette usine produisait 30 à 40 hl par jour d’huile pour l’éclairage. L’extraction s’opérait au niveau même de l’usine. Les cornues de distillation étaient soit des cornues fixes qui rendaient 8 à 9 % d’huile brute, soit des cornues mobiles qui donnaient 11 à 12% d’huile brute.

 L’exploitation utilise d’abord une descenderie, un puits d’aérage puis un autre puits d’exploitation, situé sur le site de l’usine, furent ensuite creusés, la couche de Réal étant exploitée jusqu’à 28 mètres et celle de Champcrébat jusqu’à 87 mètres de profondeur.

 La mine étant en chômage depuis de nombreuses années, une société anglaise avait envisagée en 1888 de reprendre des travaux dans les schistes en vue de leur distillation ainsi qu’une société composée de « notabilités locales » l’année suivante. Ces projets restèrent sans suite.

 En 1890, des sondages sont effectués par la société Silhol de Vallon (Ardèche). Mais ceux-ci, mal conduits ne donnèrent aucun résultat et les travaux sont suspendus. Quelques travaux sont effectués par MM. Debout et David en 1916.

 Des sondages ont été opérés à l’extérieur de la concession. Des recherches sont effectuées en 1924 par la société de recherches du Brujas (dirigée par le général Silhol des houillères de Bessèges) donna pas de résultat intéressant et la société fut dissoute. Un autre explorateur, M. Boizard de Guise,  repris un ancien sondage fin 1935 sans plus de succès. Différentes demandes de permis d’exploitation seront rejetées, celle de M. Boizard en août 1936, celle de M. Dubout en 1939.

 

 Des travaux furent entrepris à partir 1936 (9 ouvriers) avec un TB attaqué à 50 m au sud de l’ancienne descenderie Champcrébat et parallèle à celle-ci mais en sens inverse jusqu’à la couche de Réal recoupée à 39 m. Dans le lambeau de couche Réal recoupée au niveau 39, une descente est poussée dans cette couche sur 145 m de long et arrêtée à –86 m. Au niveau –83, un TB a été poussé à partir de la couche Réal (base de la descenderie). Il a recoupé les formations intermédiaires et atteint le couche Chamcrébat en mars 1946 juste en aval des anciens travaux.

 En avril 1946 une reconnaissance Nord en couche Réal est poussée au niveau –83 m. elle atteint au 31 décembre 1946 la longueur de 333 m à partir de la base de la descenderie. A partir de 328 m la couche qui avait 2,20 à 2,50 d’ouverture en 3 bancs se transforme en une alternance de bancs de faible épaisseur. En novembre 1946, un TB de reconnaissance  est attaqué à 310 m de l’entrée du niveau Nord tracé en couche réal –83 en direction EO. Ce TB atteignait au 31 décembre 1946, 28 m de long sans rencontré les couches. En juillet 1945 un montage a été relié à la surface par un petit puits sur lequel un ventilateur a été installé.

 A partir de 1940, ces travaux subventionnés, ainsi que plusieurs sondages, sont réalisés par le « Groupe d’Etude de la mise en valeur des mines de Vagnas » créé par le Groupe Béthune, Pechiney et la compagnie des mines de Vagnas. Les travaux commencent en 1944 mais prennent de l’ampleur surtout au début 1945. En 1944, un TB est creusé sur une longueur de 138 m à la cote –83 devant desservir l’étage d’extraction puis de retour d’air à la future exploitation. Fin juin la rupture de l’alimentation électrique provoque le noyage des travaux qui ne reprennent que fin septembre. Entre 51 et 71 m une formation a été recoupée.

 En ce qui concerne le jour les travaux suivants ont été réalisés jusqu’en 1946 : arasement d’une plate forme pour un futur puits, bâtiments pour le compresseur, transfo et bureaux, château d’eau, baraquements pour les PG, ligne électrique 28 kV. L’usine n’est pas construite. Le coût à la tonne est très élevé. La mine cesse toute activité le 15 janvier 1947 à la demande du ministère.

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