Concession de Chaliac : l'exploitation

La concession de Chaliac couvre les terrains primitifs qui séparent les rivières d’Eyrieux et de l’Ouvèze dans leur cours inférieur. Ces terrains composés de micaschistes sont traversés par de nombreux massifs granitiques. Le plus importants de ceux-ci est formé d’un porphyroïde gris contient le filon de Chaliac que lequel ont porté au début les travaux de recherche les plus importants puis tous les travaux d’exploitation. Dans la partie sud-est de la concession une grande faille délimite les terrains éruptifs contre lesquels se trouve redressé l’Oxfordien. Dans l’angle Sud-Ouest la concession de Chaliac se superpose à celles de Flaviac et à celle de La Voulte.

 

En fait, la concession de Chaliac présente plusieurs filons parallèles :

-          les affleurements de Charderie et de Pargirand , signalés comme cuivreux et qui ont fait l’objet de recherches avant 1890 ;

-          le filon de Malleval qui contient le filon de Chaliac, déjà cité, le filon de Combechaude et le filon Alice ;

-          le filon Juliette à 1 km au nord de Chaliac.

 

Les premiers indices de minéralisation signalés portent sur 3 filons d’antimoine sulfuré situés dans le ruisseau de Servouen, près de Lagarde, commune de Rampon, au nord-est de Chaliac. Ces filons auraient donné lieu à une exploitation très ancienne car en 1854, on signalait à proximité les restes d’un four qui avait dû servir au traitement du minerai.

 

De 1854 à 1889 quelques recherches sont effectuées sur un filon au voisinage de Chaliac sur les affleurements cuivreux de Charderie et Pargirand.

 

Mais en 1889 les travaux les plus importants sont concentrés sur le filon Juliette qui présente un affleurement quartzeux de 3 km de long entre le ruisseau de Vendèze à l’Est et le ruisseau de Lagau à 1 km au nord de Chaliac. La puissance du filon est de 1 m à 1,50 m, sa minéralisation consiste en blende et galène dans une gangue de quartz assez pyriteuse, le pendage est presque vertical. Les travaux exécutés à l’ouest du ruisseau de Vendèze, le long de son petit affluent, l’Erries, comprennent 3 niveaux : un niveau de base, un niveau intermédiaire à 105 m au dessus et un niveau supérieur à 130 m au dessus du niveau de base, dit niveau Juliette. Dans les niveaux Intermédiaire et Juliette, le filon a été reconnu sur une centaine de mètres en direction  et accuse une puissance utile d’environ 15 cm. La teneur moyenne du minerai est de 14,8 % de zinc, 4,5 % de plomb et 80 grammes d’argent à la tonne de plomb. Toujours en 1889, dans le ravin de Lagau, à l’ouest des maisons de Malleval, se trouvent des vestiges d’anciennes exploitations antérieures à l’usage de la poudre. Il s’agit du filon dit de Malleval de 50 cm de puissance à gangue quartzeuse et de minéralisation constituée de galène à grains fin et de pyrite. La puissance utile de ce filon est de 2 à 3 cm. A 40 m un filon parallèle plus épais a fait également l’objet d’une exploitation très ancienne alimentant une fonderie sur place. Les travaux entrepris en 1889 ont consisté à déblayer les anciennes exploitations pour les reprendre.

 

D’importants travaux y ont été effectués de 1890 à 1908 où l’on a dépilé 72.000 m² le filon pour en extraire 205.000 tonnes de minerai brut à 10 % de plomb, et 24.360 tonnes de lavés titrant 50 à 65% de plomb avec 750 à 925 grammes d’argent à la tonne de plomb. Les bénéfices de la société ont été importants. En 1906, elle produit 4.000 tonnes de lavés rapportant 1,1 millions de francs pour 650.000 francs de dépenses. L’exploitation a été poursuivie jusqu’en 1914, date d’arrêt des travaux.  Les gains d’exploitation ont été estimés à plus de 3 millions de francs entre 1898 et 1908 et de 2,5 M de francs officiellement déclarés entre 1909 et 1914.

 

 En 1890-91, les travaux portent exclusivement sur les filons Juliette et Malleval que le concessionnaire tente d’atteindre par un TB. Une première laverie a été emportée en septembre 1890 par une inondation de l’Ouvèze et les travaux sont mis en veille par le concessionnaire qui se concentre sur son autre concession, St Cierge la Serre. En 1890, les travaux n’occupent que 9 ouvriers. En 1892 on abandonne les travaux du filon Juliette après y avoir exécuté 700 m de galeries en direction et 79 m de montages.

 

En 1893 le concessionnaire avait énergiquement entrepris l’exploration dans les vieux travaux du filon de Malleval dès qu’il eut réussi par un TB suivi d’une descenderie à sortir de vieux travaux. Encouragé par la découverte, il ouvrit immédiatement une nouvelle descenderie partant du jour dans les vieux remblais. Elle fut foncée sur une longueur de 55 m Cette nouvelle attaque était épuisée par deux pulsomètres étages mais les travaux furent suspendus devant l’importance des eaux en fin d’année. Les travaux occupaient en dernier lieu 17 ouvriers.

 

Après la reprise de la concession en août 1894, Vieille Montagne entreprend de continuer l’approfondissement de la descenderie, mais le fonçage dans les anciens travaux qui donne des venues d’eau considérables. On atteignit cependant le minerai vierge. Vieille Montagne installe une pompe de fond type Galland pouvant suffire à une venue d’eau de 20 m3/h. Un treuil Galland de 10 à 12 cv  servait au sortage des déblais. Fin 1894, les travaux de la mine de Chaliac occupaient 22 ouvriers dont 15 à l’intérieur. La galerie inférieure du puits incliné dirigée vers l’ouest a été poussée en direction sur une quarantaine de mètres.

 

Le 1er niveau à 75 m du jour a été poursuivi vers l’est ; dans cette galerie en direction on a trouvé le filon assez bien minéralisé sur quelques points mais presque stérile sur d’autres. A 110 m du puits on a rencontré une faille qui a rejeté le filon à une quinzaine de mètres vers le nord ; après quelques tâtonnements il a été retrouvé dans des conditions satisfaisantes. On l’a suivi en direction pendant une dizaine de mètres. A ce moment l’insuffisance des moyens d’extraction et d’épuisement s’est de nouveau fit sentir et les travaux ont été complètement suspendus sur ce point à la date du 5 juin 1895. Avant de décider à entreprendre le grand TB de 1.100 m  qui devait avoir son origine à  128 m en contrebas du point le plus bas de la descenderie de Malleval ; la société de la VM a voulu tenter encore quelques travaux de reconnaissance sur les gisements de la concession de Chaliac et, en particulier, sur le filon de Malleval ; à cet effet, elle a entrepris deux attaques sur ce même filon, l’un à l’Est et l’autre à l’ouest du hameau de Malleval. Qui ont été poussés respectivement à 60 et 74 m de longueur. Ces travaux qui ont suivi continuellement le filon ne l’on trouvé que médiocrement minéralisé. Une autre recherche avait également été entreprise sur le prolongement du filon Juliette au quartier dit Tirchy. Elle a consisté en un TB de 58 m de long qui a recoupé le dit  filon avec une puissance de 3 m et sur un point où sa minéralisation en blende avec mouches de galènes était très satisfaisante. On l’a suivi en direction à droite et à gauche du TB sur une longueur totale de 47 m. Aux deux fronts de taille, la minéralisation  s’étant sensiblement réduite, ces recherches ont été abandonnées le 17 novembre  cette détermination a été prise à la suite d’un essai sur la teneur du minerai qui n’a pas donné de résultat pouvant permettre une exploitation rémunératrice. Tout le minerai extrait à Malleval et Tirchy se trouve sur le carreau de la mine ; ce n’est d’ailleurs qu’un minerai de bocard dont la teneur peut être évaluée de 12 à 15 %.  Au moment de l’abandon des travaux de Chaliac, la mine occupait 17 ouvriers dont 14 à l’intérieur.

 

Les travaux de la descenderie furent cependant interrompus par la société métallurgique et minière des Cévennes qui décide le creusement d’une grande galerie d’écoulement de 1.334 m de long.. Ces travaux sont entrepris le 16 novembre 1896 ; le percement d’un TB qui rencontre le filon et plusieurs galeries d’avancement. Cette galerie doit rejoindre l’aval-pendage du gîte à 60 m en contrebas des anciens travaux.  L’avancement de cette galerie se fait au moyen de 2 perforatrices électriques Dulait-Forget à percutions (400 coups/mn) donnant un avancement moyen de 5 cm/mn. La galerie a été attaquée en 3 points, dans le ravin de Lagau cote 187 et par deux petits puits dont (puits Lagau) un vers le milieu de galerie foré depuis le jour de 53 m de profondeur dont le fonçage a débuté le 7 janvier 1897. En 1897, 14 ouvriers étaient occupés aux divers chantiers. A l’autre bout la galerie a recoupé le filon dit Chaliac le 12 mai 1899.

 

En 1900, aucun dépilage n’avait encore eu lieu. Le minerai contient 700 g à 1 kg d’argent par tonne. Il y a 4 chantiers en activité à 3 ouvriers et à 3 postes. Deux chantiers sont aérés par ventilateurs électriques 200 V. A l’extérieur il y a une laverie rudimentaire. Les effectifs étaient de 80 dont 54 au fond et 26 à l’extérieur dont 4 jeunes de 14 à 16 ans et 3 de 16 à 18 ans.

 

La mine débouche par un TB qui recoupe le filon à 1.500 m du jour. A partir de ce TB sont creusés des avancement vers l’Est et vers l’Ouest. L’avancement Ouest à 317 m du Tb présente une minéralisation sur 80 cm d’épaisseur. L’avancement Est qui est à 163 m présente une minéralisation de galène de 50 cm de puissance. Les effectifs sont de 77 dont 50 au fond. Le 2 mars 1900, l’IM note dans son rapport que des cheminées ont été mises en communication avec les anciens travaux Radisson à 44 m au dessus de la galerie n°1, cote 231. A cette date, le nombre d’ouvriers de la mine est de 52 au fond dont 46 piqueurs, 4 boiseurs et deux rouleurs. Le travail est divisé en 3 postes de 8 heures. On installe la laverie et un bâtiment administratif.

 

 

Tonnage brut

Tonnage lavé

Recettes f

Dépenses f

1899

1.200

 

 

 

1900

3.255

54

 

 

1906

34.598

4.007

1.113.299

642.923

1908

26.118

3.232

791.000

707.000

 

Les effectifs étaient de 43 ouvriers au fond en 1901 et 51 au jour passent en 1906 à 231 au fond et 98 au jour.

 

Une laverie est mise en service au début 1902 ; elle fournit 9 tonnes de minerai marchand par jour. Les effectifs sont 142 ouvriers dont 73 au fond.

 

De 1890 à 1908 on a creusé 5.407 m de galeries, 2.452 m de cheminées, et dépilé 72.840 m² qui ont permis la production de 204.867 tonnes de minerai brut à 10 % de plomb et 24.360 tonnes de lavés à 50-65 % de plomb avec 750 à 925 grammes d’argent à la tonne de plomb.

 

Le filon de Chaliac a été exploité sur environ 700 mètres en direction et 150 mètres en amont pendage de la galerie principale d’accès. De 1909 à 1914 le personnel est en moyenne de 60 ouvriers fond et 150 au jour. On creusa pendant cette 2.110 m de galeries, et 580 m² furent dépilés. Les comptes furent à peu près équilibrés. L’abandon des travaux date de septembre 1914 par suite de l’épuisement des zones exploitables.

 

Créer un site gratuit avec e-monsite - Signaler un contenu illicite sur ce site