Concession de St Cierge la Serre : l'exploitation

Les recherches gisement de blende effectuées par M. Radisson se poursuivent en 1888 sur cette commune. En 1888, 2.000 tonnes de produits bruts sont extraites en majorité expédiées en Belgique (marché d’Anvers). Le blende lavé tient de 45 à 50 % de zinc. Jusqu’en 1891, date de l’ouverture du chemin de fer départemental, la mine souffre des difficultés d’acheminement du minerai jusqu’à la gare du Pouzin (9 km). En 1890 les travaux sont concentrés au lieu dit la Joie dans les filons Alice, St Louis et Argentiol atteints par un TB. Les travaux occupent, en 1892, 80 ouvriers dont 45 au fond. M. Radisson exploita la mine jusqu’en 1893.

 

Au niveau Alice, une attaque vers l’est a perdu le filon rapidement mais vers l’ouest et le sud le filon a pu être suivi sur 40 mètres. Le niveau St louis a été poussé sur 30 mètres environ. Le TB d’Argentiol a recoupé le gîte a 110 m et s’est enfoncé de 30 m dans le filon Alice. Le filon St louis a été rencontré en profondeur par deux galeries, l’une partant du niveau Alice et l’autre du niveau St Louis. Enfin, en face du TB Argentiol, sur la rive opposée du ruisseau, une galerie a suivi sur 35 m long un beau filon. Les travaux sont abandonnés depuis le 1er mars 1902.

 

En 1924, au moment de la renonciation, l’Ingénieur des mines dresse le tableau de l’exploitation de la concession depuis son origine :

 

« Les travaux exécutés ont porté sur des filons dirigés sensiblement est-ouest avec pendage vers le nord presque vertical renfermés dans des granites, renfermant de la blende et de la galène avec gangue presque exclusivement quartzeuse. Ils ont été effectués à l’est du hameau de la Joie à environ 1.500 m à l’ouest du village de st Cierge la Serre dans le ravin qui descend du hameau de la Joie au ruisseau d’Argentiol et au quartier de Replanas.

 

Dans le ravin de la Joie on a creusé à la cote 445 un niveau [Saint-Louis] de 110 m de longueur dans le filon principal dit Alice partant de l’affleurement dirigé vers l’ouest allant jusqu’à la rencontre de la faille dite du Treuil limitant le champ d’exploitation. Une cheminée longeant cette faille est venue percer au jour pour dépiler tout l’amont pendage. On a fait dans le niveau Alice un travers-bancs de 60 m lequel a recoupé un petit filon de blende et galène dit St Louis de peu d’importance que l’on a dépilé jusqu’au jour.

 

On a creusé un niveau sortage à la cote 447,50 de 150 m de longueur et donne accès à l’extrémité à un plan incliné dans le filon Alice à proximité de la faille du Treuil pour l’exploitation de l’aval pendage. Ce plan incliné de 125 m de longueur avec une pente de 45° est descendu jusqu’à la cote 368,30 ; il a été divisé  en sous étages par des niveaux attaqués à 25, 50 , 75, 100 et 125 m suivant la pente. Tous ces niveaux ont exploité les parties minéralisées du filon en moyenne sur 100 à 150 m de longueur en direction, limités à l’ouest par la faille du Treuil et à l’Est par des petites failles successives et la stérilisation du gisement.

 

Le niveau 125 a été creusé sur une longueur de 400 m en direction suivant les traces du filon presque stérile ; à 75 m du fond du plan incliné on a fait un travers bancs vers le nord pour recouper et exploiter le filon dit des Châtaigniers. Ce travers-bancs a été arrêté à 125 m de profondeur sans avoir donné aucun résultat. A 30 m du plan incliné au mur de la partie riche du filon, on a creusé un petit puits de 30 m de profondeur et un petit travers-bancs de 7 m de longueur au fond du puits a recoupé le filon peu minéralisé que l’on a suivi sur 10 m de longueur.

 

Le filon Alice bien minéralisé en blende à la surface et dans les niveaux supérieurs, présente une minéralisation disséminée en profondeur, mélangée de galène très irrégulière, avec des parties stériles devenant inexploitables.

 

En définitive, toute la partie assez riche du filon Alice a été exploitée et il ne reste guère que quelques petits piliers représentant un tonnage  à extraire de peu d’importance.

 

Sur la rive gauche du ruisseau d’Argentiol, on a creusé un travers-bancs et une galerie d’exploration  à la cote 436,86 de 200 m de longueur dans le filon dit Argentiol, très irrégulier, minéralisé en chapelet

De blende et de galène. De l’autre côté du ruisseau à 15 m plus bas un traçage a été fait dans ce filon par le niveau et le travers-bancs Coste de 200 m de longueur pour l’exploration du gisement, lequel n’a donné aucun résultat satisfaisant.

 

Au quartier de Replanas à environ 800 m à l’est des travaux de la Joie, on a creusé à la cote 385,92, une galerie d’exploration dans un filon de blende et galène très peu minéralisé se présentant par intervalles dans les granites décomposés. Cette galerie creusée à 11 m en dessous de l’ancien niveau de recherche a été arrêté à 140 m de profondeur et n’a trouvé que des traces de minerais inexploitables.

 

Les résultats de l’exploitation ont été les suivants :

 

De 1888 date de l’institution de la concession à 1896, date de l’arrêt des travaux, il a été extrait par M. Radisson, 4.851 tonnes de blende lavée à 50-50 % de zinc  et 60 tonnes de galène à 60 % de plomb.

De l’exploitation du 1er avril 1897 à 1902, par la société minière et métallurgique des Cévennes il a été extrait 1.092 tonnes de blende à 50 %.

Enfin, la société des mines de l’Eyrieux qui a repris  les travaux en 1906 a extrait 3.125 tonnes de blende à 50 % et 101 tonnes de galène à 60%

 

Les travaux ont été définitivement arrêtés le 20 mars 1909 ».

 

 

Blende (t)

Galène (t)

1890

650*

 

1891

1.399

0

1892

1.238

40

1893

923

20

 *       blende lavé

 

En 1893,  la mine a concentré ses travaux au quartier de la Joie sur les filons Alice et Argentiol. Aux Replanes, tout travail est arrêté depuis juillet 1894. A la Joie, il ne reste guère que les stots des galeries Alice et  St Louis. L’aménagement actuel se trouve à 20 m en contrebas de la galerie St Louis et ces chantiers sont desservis par un plan incliné armé d’un treuil à vapeur Galland de 6 cv.. Mais devant l’effondrement des cours l’exploitant a décidé brusquement de fermer la mine fin 1893. La mine de St Cierge La Serre a occupé en 1893, 76 ouvriers dont 44 à l’extraction et 32 à la préparation mécanique.

 

Les travaux sont repris en juillet 1894 par la société de la Vieille Montagne puis rapidement à nouveau suspendus.

 

Les travaux sont repris en avril 1897 par la société métallurgique et minière des Cévennes. De 1897 à 1899, les principaux ont jusqu’ici concentrés dans le ravin qui du hameau de la Joie au ruisseau d’Argentiol. Les filons sont dirigés sensiblement Est-Ouest. Les recherches se poursuivent sur le filon Alice que l’on atteint par du  TB partant du filon St Louis et continuée sur 125 m par une galerie en direction dans le filon et qui abouti à la faille du Treuil qui plonge vers l’Est de 65 m et qui rejette le filon au Nord de 50 m.

 

L’ancienne exploitation avait dépilé l’amont pendage du filon et l’aval sur une longueur de 50 m comptée suivant une descenderie à 42° placée dans le filon ; cette galerie a été prolongée sur 60 m la portant à la longueur de 125 m. 3 niveaux d’exploitation sont ouverts à 75, 100 et 125 m ; dans chacun d’eux il y a un chantier à l’avancement Est et un à l’Ouest ; des cheminées à 60° ont été percées à chaque niveau. A l’Est, les reconnaissances buttent sur la faille de la Forge ; à l’Ouest, la faille de la Forge a été recoupée au niveau 125 ; on commence le TB destiné à recouper le filon rejeté au Nord. Le jour de la visite les travaux comprenaient les deux avancements du 125, 2 cheminées en exécution au 125 et au 100, les 2 avancements du 100, l’avancement ouest du 75 et un chantier au même niveau. Tous sont doublés, le personnel est ainsi de 47 ouvriers dont 34 au fond.

 

L’extraction se fait à l’aide d’un treuil électrique de 25 chevaux mu par une dynamo Dulait à 220 V. Le treuil est muni d’un premier frein à bande que le machiniste actionne au moyen d’un volant agissant sur une poulie de grand diamètre et d’un second frein beaucoup plus petit à serrage normal qui se trouve place sur la commande de la dynamo du treuil. L’extraction a été jusqu’ici d’environ 3.000 t de minerai à 15 %. L’exhaure se fait au moyen d’une pompe électrique de 10 m3/h placée au niveau 125.

 

Une laverie rudimentaire est en aménagement ; elle comprend une grille à trous carrés de 2 m de côté sépare le gros à broyer et le gros à scheider, un concasseur de 5 cv. Le produit sorti du broyeur et les menus issus de la grille sont passés à un trommel qui sépare les 0-1 et 1-1,6., 6 cribles à deux compartiments et 1 bac filtrant.  Le nombre d’ouvriers occupés à l’extérieur est de 20 .

 

En septembre 1899,.le niveau 50 est arrêté depuis longtemps, le niveau 75 est en dépilage presque achevé, le niveau 100 est également en dépilage, Le niveau 75 est tracé et on y pousse un avancement vers l’est pour rejoindre un filon (Argentiol) déjà exploité aux affleurements. L’épaisseur réduite du filon qui est plus ou moins régulier, de 0 à 25 cm en général environ 10 cm. Au même niveau part en direction Nord un TB pour rejoindre à 200 m le filon dans les Châtaigniers. Il a actuellement 85 m.

 

Les installations mécaniques comprennent deux machines à vapeur et deux moteurs électriques actionnant le treuil du plan incliné de force 20 chevaux, des perforateurs, une pompe et un ventilateur. Une laverie complète comprenant concasseur, broyeur, trommels à courant ascendant, lavoir, débourbeur et table dormante.

 

Le PV de vuisite d el'ingénieur des mines du 29 décembre 1899 indique : « Entrés par la galerie St Louis, nous l’avons suivi jusqu’au sommet du plan incliné par lequel nous sommes descendus au niveau 125 ; vu l’avancement de ce niveau. Côté est le front de taille indiquait une épaisseur réduite de la couche. Vu à 10 m en arrière du front de taille une cheminée en traçage dans le filon et à quelques mètres plus loin, un TB de 100 m  allant  la rencontre du filon des châtaigniers. Vu au même niveau côté ouest un chantier en dépilage. Montés au niveau 100 où nous avons vu deux chantiers en dépilage à l’ Est et à l’ouest.  Au niveau 75 nous avons vu 3 chantiers en dépilage, 2 à l’est 1 à l’ouest. On ne travaillait pas au niveau 50 le jour de notre visite ». 

 

Le nombre d’ouvriers occupés en décembre 1899 est de 32 mineurs et manœuvres 20 rouleurs et remblayeurs et 4 boiseurs et aides. Les ouvriers tous adultes travaillent en deux postes de 10  heures chacun. A l’extérieur, 37 ouvriers sont occupés à la préparation mécanique et à des travaux divers ; parmi ce nombre se trouvent 32 ouvriers de 13 à 16 ans, 6 de 16 à 18 ans ».

 

M. Radisson poursuit également des recherches de blende et galène sur les communes de St Julien et St Martin.

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