présentation générale

 

géologie de l'Ardèche (document BRGM)  Ardeche geologie 1961Ardeche geologie 1961 (3.46 Mo)

 

Dans la seconde moitié du Second Empire, les mines de fer ardéchoises sont déjà fortement en déclin. Elles alimentent les hauts-fourneaux du département (La Voulte, le Pouzin, Soyons) et de la Loire (Lhorme, Terrenoire). L’ingénieur des mines écrit dans son rapport pour l’année 1859 : « ces exploitations sont loin de marcher avec l’activité que comporte leur importance, leur production va sans cesse en décroissant. En 1857 elles avaient livré 180.000 tonnes de minerai ; en 1858, le total de 150.000 tonnes n’a pas été atteint et le nombre des ouvriers qui, en 1857 était au nombre de 784, n’est plus en 1858 que de 615. Il est en dessous de ce chiffre en 1859 ». L’ouverture des lignes de chemins de fer, comme celle de Livron à Privas, permettront cependant une amélioration des coûts de revient, grevés par de gros frais de transport. En 1859, seules les mines de fer de La Voulte et de St Priest sont réellement actives. Pour ce qui concerne la houille les mines de Prades et du bassin de Banne déclinent également ainsi que la mine de lignite de Banc-Rouge. A Vagnas, par contre l’installation d’une nouvelle distillerie utilisant des couches bitumineuses découvertes récemment, va redonner espoir. En dehors du fer et du charbon, la seule mine active est celle d’antimoine de Malbosc mais sa production est devenue insignifiante. Les autres minerais non-ferreux ne sont encore qu’à l’état de recherches.

La situation des mines de fer tend à se redresser au début des années 1860 en particulier par suite de l’exploitation intense effectuée par la compagnie Terrenoire, La Voulte et Bessèges dans les concessions de Saint Priest (dont le contrat d’amodiation prend fin en 1864et de La Voulte même. La demande est alors en plein essor ; la sidérurgie ardéchoise a fait d’importants progrès. En 1862, sur les 15 hauts fourneaux que compte le département, 13 sont en activité : 1 à Soyons, 5 à La Voulte, 5 au Pouzin et 2 à l’usine Revol, alors qu’en 1859, seuls 8 hauts fourneaux étaient en activité. Les coûts sont également en baisse par suite de la mise en place du réseau de chemins de fer. L’ingénieur des mines note en 1862 : « L’état d’incertitude et les appréhensions inspirées par la grande réforme douanière n’existent plus aujourd’hui. Les industriels ont repris courage…ils ont compris que pour produire à bon marché il faut produire beaucoup et ils sont entrés dans cette voie » et il ajoute plus loin : « La situation des usines à fer deviendra bien meilleure encore lorsque le large tribut qu’elle paye aux entreprises de transport aura été diminué. Un pas important a été fait dans cette voie par l’ouverture du chemin de fer de Livron à Privas qui a réduit de 3 à 2 francs les frais de transport du minerai des mines aux usines du Pouzin. La richesse du minerai de Privas étant de 44 %, il faut 2 t 27 de minerai pour donner une tonne de fonte », même si la compagnie ne fait pas de cadeau aux sidérurgistes. Le coke et la houille ne proviennent pas des mines locales mais de la Loire, par chemin de fer jusqu’à Givors puis par bateau ou, pour les usines de L’Horme, par chemin de fer. Les deux mines de fer de Marzelet et d’Ailhon ne dépasserons guère le stade préparatoire. La mine de charbon de Prades connaît  toujours une activité très faible, surtout à cause du prix de revient ; un contrat avec l’usine de ciment du Teil n’a pas été renouvelé vu les prix pratiqués. L’activité est aussi très faible dans les mines de Banne où les recherches ont été décevantes. Seule la mine de schiste et lignite de Vagnas est qualifiée de prospère ; l’huile obtenue se vend facilement mais pas le goudron (1/3 de la production). Aucune autre mine n’est exploitée alors.

.En 1865, sur les 21 concessions existantes dans le département, 11 sont exploitées (4 de houille, 4 de fer, 1 de lignite, 1 de lignite et schistes bitumineux et 1 de pyrite) ; dix hauts-fourneaux sont à feu dans le département, celui de Soyons ayant été éteint cette année là. Les mines de charbon reprennent également un pe

A partir de 1873, l’embellie du fer touche à sa fin, la demande faiblit et les mines s’épuisent. En 1874 une nouvelle concession de fer est accordée, celle de Rulhane, elle ne sera jamais réellement exploitée. L’extraction de la houille reste faible et l’exploitation de Vagnas se fait dans des conditions de plus en plus difficiles. Mais ce sont surtout les minerais non ferreux qui vont prendre de plus en plus d’importance au détriment du minerai de fer dont la production chute de 20 %. Le nombre d’ouvriers mineurs utilisé dans le département se monte à 1.250. En 1874, trois concessions de minerai non ferreux sont accordées Saint-André Lachamp (zinc), Thines et Sablières (plomb argentifère) puis en 1876 celle de Largentière (plomb argentifère) mais les travaux sont encore insignifiants

Nombre d’ouvriers

1864

1865

1874

1875

1876

houille

 

96

207

229

196

fer

 

898

880

919

924

Lignite et schistes

 

66

33

21

#

pyrite

 

8

72

53

#

Non-ferreux

 

-

#

#

#

Total

1.024

1.068

1.192

1.222

1.120


Quant aux mines de charbon, l’ouverture de la ligne de Robiac au Pouzin a permis aux charbons du Gard de remonter dans le département au détriment des charbons de Prades dont la ligne, bien que décidée, n’est toujours pas construite. Les charbons de Banne ont souffert à la fois de l’arrivée des charbons du Gard mais surtout du repli de l’industrie de la soie.

A la fin des années 1870, la concession de Jaujac, est en pleine décrépitude alors que les mines de Prades vont voir à partir de 1882 un grand développement grâce à l’ouverture de la nouvelle ligne de chemins de fer qui va « désenclaver » le bassin minier.

Les années 1880 vont voir le grand déclin de la sidérurgie ardéchoise et donc de ses mines de fer. En 1884, la mine de Veyras licencie 150 ouvriers. En 1886 sur les 10 hauts-fourneaux dans le département, il n’y en a plus que 3 en feu puis 2 au début 1887 (1 au Pouzin et 1 à La Voulte). En 1885 aux mines de La Voulte on ne travaille que 4 jours par semaine, en 1886 on ne travaille que 22 jours par mois.

En 1897, seule subsiste l’usine du Pouzin alimentée par le bassin de Privas. Les mines métalliques, nombreuses dans le département, vont peu se développer : seules les concessions de Chassezac (entre 1890 et 1908) et de Chaliac ((de 1890 à 1914) ont eut un assez grand développement industriel. Elles ne prendront une réelle ampleur qu’au début du XXème siècle mais leur importance sera très variable et souvent éphémères.

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